Immigration, tissu social : Attention à la brèche : risque de chute !

L’expression populaire « vous tendez la main et on vous arrache le bras » est d’une cruelle exactitude. L’Histoire l’a, maintes et maintes fois, démontré. L’examen de loi Besson sur l’immigration au Parlement possède tous les risques de monter d’un cran la machine à détruire ce qui qualifiait le modèle français.

La « directive retour » qui prévoit l’expulsion des sans-papiers dans leur pays d’origine, déjà adoptée par l’Europe, ouvre la voie à de nombreuses interprétations qui vont conduire immanquablement, car elles sont déjà à l’œuvre, à des situations injustes, voire inadmissibles. La déchéance de nationalité, même légitimée par le meurtre de représentant de la loi – délit qui, dans tous les cas, ne peut être toléré par la République, est d’une effroyable mémoire.

Pourtant, comme l’enfer, la disposition est « pavée de bonnes intentions ». Michel Rocard, alors premier ministre de François Mitterrand, l’avait justement souligné : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part».
Dans son « point de vue » publié en 1996 dans le journal Le Monde, Rocard ouvrait une brèche, dont il avait conscience. Jusqu’à un certain point …

Aujourd’hui, la chronique du pire est annoncée. Car les reconductions à la frontière, les expulsions ou les rétentions sans distinction d’âge, dans des conditions peu dignes de la République, vont se multiplier.

LE PLI EST PRIS

L’évolution dramatique de l’économie, les peurs qu’elle engendre, ont permis d’installer dans l’opinion une ambiance favorable à ces mesures.
Même si la forme nauséabonde, qu’ont pris les évacuations des camps de Roms, a ému la population, le pli est pris et va très vite être accepté comme inéluctable.

L’ouverture de cette brèche n’est pas isolée. En acceptant de permettre, « à titre expérimental », aux entreprises de choisir les contingents d’heures supplémentaires, les syndicats (cf detoxinfo du 24 septembre 2010) ont permis au gouvernement de mettre fin de facto aux 35 heures.
Une brèche issue d’une locution très mal, ou très bien choisie. L’image, pour faire passer la pilule, était de sortir d’un carcan qui empêchait les Français de travailler plus, pour gagner plus, et d’entraîner ainsi la croissance et la consommation. Avec les résultats que l’on sait …

Une bévue de la CFDT a permis, en 2003, d’instaurer la Loi Fillon et d’entamer une réforme des retraites qui a fait descendre plus de cinq millions de personnes dans les rues en ce septembre 2010. Une autre brèche …

La vigilance est donc le minimum qu’on puisse attendre des contre-pouvoirs que sont les partis d’opposition et leurs parlementaires ou des syndicats représentant une race en voie d’extinction, le salarié français.

En forçant le trait, à dessein, souvenons-nous que le gouvernement du Front Populaire, choisissant de ne pas entrer en conflit armé avec l’Allemagne après la première guerre mondiale, n’avait pas bloqué le réarmement Outre-Rhin. Une brèche dont les livres d’histoire regorgent des effets.


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