Entre 2003 et 2009, plus de la moitié des entreprises cotées dans l’indice principal de la bourse de Paris, le « CAC 40 », ont augmenté de 110% (en moyenne…) les dividendes versés à leurs actionnaires, alors que dans le même temps elles n’ont augmenté les salaires des employés – enfin, de ceux qu’elles n’ont pas daignés licencier – de… huit pourcent. Faramineux.
De 2006 à 2009, pendant la crise, les multinationales (de France…) ont travaillé les effectifs pour préserver les bénéfices : elles se sont séparées en moyenne de 1.900 citoyens chaque mois. Mais ont embauché à vil prix et à tour de bras à l’étranger.
Le constat n’est non pas publié dans l’Humanité, organe de feu le Parti Communiste Français, mais dans le très libéral magazine l’Expansion, plus proche du Medef que du Secours Populaire.
Selon l’étude du magazine, la prédation des richesses, stigmatisée par Karl Marx, a atteint des sommets puisqu’au titre de 2009 77% des bénéfices des grands groupes, soit 36 milliards d’euros, ont été transformés en cadeaux pour l’actionnaire. Les économistes du 21e siècle appellent cela « la déformation de la valeur ajoutée »….
Alors qu’une belle partie de cette somme aurait pu être utilement réinvestie dans la production donc dans la croissance. On est pas près d’équilibrer les comptes de la France et de payer les retraites. Et le tout dans une totale impunité. Comme dit Fillon I, II et III : « les caisses sont vides ».
Certes, le paquet fiscal (pour rire, souvenez-vous qu’il s’agit du nom commun donné à la loi sarkozyenne TEPA – Travail Emploi et Pouvoir d’Achat) va disparaître. Son iniquité était devenue terriblement gênante en période pré-électorale. Mais dans le même temps, l’Elysée envoie un signal clair à son électorat : l’ISF (l’impôt sur la Fortune) va, lui aussi, disparaître…
DIVIDENDE DE VALLOUREC + 1.000%
Bon, parce que le lundi ne prête pas à la gaudriole et qu’il va falloir que le salarié en vive des tonnes avant son 62e ou 67e anniversaire (s’il ne fait pas partie du nombre exponentiel de charrettes en partance vers la guillotine du Pôle Emploi lui rendant ainsi la tâche impossible d’engranger ses trimestres de retraites) voici quelques chiffres tordants à souhait :
Vallourec, spécialiste de l’ingénierie pétrolière, secteur très profitable comme tout un chacun le sait en payant son plein d’essence, a servi entre 2003 et 2009 un dividende en hausse d’un peu plus de 1000%, vous avez bien lu, mais n’a augmenté ses salariés que de 35%.
Chez L’Oréal, le conseil d’administration a décidé de multiplier par deux le versement aux actionnaires qui le valent bien (oui, c‘est facile..). Mais n’a pas fait le moindre geste pour ses salariés. Air Liquide, accorde une hausse de 78% de son dividende mais gaze ses employés… etc…
Bien sûr, il faut retirer le montant de l’inflation sur la manne versée au capital, l’écornant un peu. Le pauvre actionnaire a vu son bonus se réduire en moyenne de 1,6% par an depuis 2003. Le salarié aussi mais pas sur les mêmes progressions vertigineuses.
De surcroît, les augmentations de salaires arrachées par le monde du travail, le sont au forceps. Car les DRH comptent dans leurs largesses, celles auxquelles ils sont contraints. Comme les augmentations légales prévues par des conventions collectives plus ou moins généreuses que le patronat n’a, d’ailleurs, de cesse de dénoncer.
Le salarié français, n’a plus qu’à manger des patates, enfin si le prix de celles-ci n’avait pas augmenté de 1.435 % depuis l’entrée en vigueur de l’euro….
Mais, comme le dit Sarko, le travailleur français est un fainéant. Et il lui faut «travailler plus » et plus longtemps . Notre hyper gesticulateur oublie le fait incontestable que les 35 heures ont placé la productivité hexagonale au premier rang européen et au troisième rang mondial.
Chez Lafarge (premier cimentier mondial) la productivité à augmenté 30% plus vite que les salaires. Pas mal pour des tire-au-flanc.
En revanche, lui l’actionnaire se lève tôt. Pour le bien de la patrie en danger. C’est bien connu.


Un commentaire
Mon dieu quelle misère et surtout quelle honte!
Comment peut -on prétendre diriger un pays en laissant se creuser de telles inégalités? Où sont les piques et les fourches bon dieu, qu’on en finisse enfin, avant que nos enfants pensent que les frites sont un produit de luxe!!! Isabelle