La chimère que représente l’Europe politique montre finalement ses griffes avec l’effondrement financiers des Etats vulnérables. L’Union européenne en venant au secours de la Grèce, puis de l’Irlande sauve non seulement les meubles mais pose également les bases d’une entité supra nationale propre à dicter ses vues. Et comme ces dernières passent par un confinement budgétaire drastique, elles passent très très mal.
La France, en quatrième vitesse, s’évertue à démentir tout risque d’épidémie de lèpre financière pouvant l’affecter. Ce qui n’est guère rassurant…
100 milliards d’euros pour la Grèce, 85 pour le tigre celtique, combien pour le Portugal? Il faut les sortir. Comme vous le savez, car vous êtes lecteur assidus de detoxinfo, ces sommes sont prélevées à hauteur de 20% et de 18% respectivement sur les contributions allemande et française au budget de l’Union.
Bien entendu, ces « puissances » européennes ne débloquent pas ces sommes par altruisme. Il faut à tout prix éviter un dévastateur et contagieux jeu de domino. Et, au passage, commencer enfin à gérer l’Europe de façon un poil plus fédérale, centralisée.
NE PAS COULER
Le Portugal, prochain Etat à recevoir le secours européen, aura la tête maintenue hors de l’eau pour ne pas couler, entraînant avec lui son voisin l’Espagne. Et qui ensuite? Ce sont les grandes interrogations et craintes des argentiers qui essaient de convaincre Lisbonne de saisir la main qui lui est proposée.
Mais les populations ne sont pas forcément enthousiastes devant la générosité européenne. Car la feuille de route remise en même temps que les fonds est très sèche. Les fonctionnaires grecs en savent quelques chose. Les irlandais vont, à leur tour, comprendre leur douleur.
Le petit peuple de la verte Erin va devoir se serrer la ceinture et voir ses allocs’ et minima sociaux disparaître sous des rideaux de pluie. L’équivalent du SMIC irlandais vient, par exemple, d’en prendre un sacré coup sur la cafetière.
En revanche, avec la souplesse qui les caractérise, les banques d’Athène ou de Dublin, passent au travers des gouttes. Pourtant, elles portent une grande part de responsabilités dans les affres financiers qui affectent la santé des Etats. Spéculation immobilière, financière, montage acrobatique, les banques des « petits » pays ont tout de celles des « grands« . Mieux, elles ont partie liée avec les ténors de la finance.
C’est pourquoi il ne faut surtout pas les mettre à contribution et risquer d’écorner les bénéfices et dividendes des maison-mère par des provisions inconsidérées pour « risques pays » en Europe. Comme il est de bon ton de le faire quand on a des billes instables dans des réseaux bancaires en Afrique, en Russie ou encore en Amérique Centrale.
On comprend que la pilule reste coincée dans les gosiers de la Grèce et de l’Irlande d’en bas et que les portugais se tâtent fermement.


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