L’Europe de Schengen s’arrête aux portes de la Roumanie. Cela ne fait pas que des euros!

En Europe, les ressortissants sont tous égaux. Mais dans l’espace « Schengen» certains sont plus égaux que d’autres. Du coup, l’Union, déjà toute relative, est en passe de voler en éclats.

Paris et Berlin viennent en effet de freiner des quatre fers sur l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace de libre circulation des personnes sur le territoire du l’Union.

En termes à peine diplomatiques, les poids lourds français et allemands ont signifié à la Commission européenne qui entendent bloquer la participation des deux états du centre aux accords Schengen. Au motif que cette entrée serait «prématurée » .

Ce qui ne constitue pas une réelle surprise quand on considère la chasse aux Roms à laquelle se prête la France depuis cet été (avec le succès que l’on sait). De l’autre côté du Rhin, ce n’est guère mieux lorsque l’on entend les propos allemands sur une Europe à deux vitesses. L’une nantie, l’autre pas.

Le président Roumain Traian Basescu , déjà passablement dubitatif après les épisodes estivaux, crie là la discrimination et espère faire revenir les cerbères à de meilleures dispositions.

BAS DE LAINE

Mais quelque soit l’issue de cette passe d’arme déséquilibrée, une chose est sûre c’est que plus rien ne va sur le Vieux Continent. Tant sur un plan politique, ce à quoi tout le monde s’était, bon an mal an, habitué, que sur un plan économique.

Tout bat de l’aile. Les plans de sauvetage de la Grèce et de l’Irlande font grincer les dents. Et puis on serre les fesses pour que les navires portugais et espagnols ne se mettent pas à prendre l’eau à gros bouillons.

L’Europe des Gros est bonne fille, mais ses largesses ont leur limite dans un contexte de vaches ascétiques. Du coup, l’Euro, cette chère monnaie unique indispensable à l’Union qui devait faire la force – mais a troué les bas de laine et assommé les exportations – est au centre de tous les questionnements.

En voulant étendre sans cesse son périmètre, l’Europe économique a dilué sa monnaie. Et les voix en faveur d’un retour protectionniste à des monnaies locales se font entendre. Même les grands argentiers sont un poil déboussolés.

Est-ce la fin de cette belle entente de façade? Une chose est sûre c’est qu’il n’y a pas de Tziganes euros!

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