2010: L’année du « cours après moi que je t’attrape »

L’année écoulée, que certains qualifient opportunément de sortie de crise, aura été surtout une année de gagne terrain. Pendant laquelle un Monde a passé son temps à courir après son prochain. Qui voulant déloger à tout va, qui s’accrochant à son lopin de terre, qui voulant revenir au bercail.

L’été a été le théâtre d’une impayable partie de cache-cache entre les pandores français et les Roms européens. La France, patrie des Droits de l’Homme, avait cru bon s’engager dans un drôle de jeu destiné à rassurer dans les campagnes.

Las, les rafles à répétition menées d’une main de fer dans les camps des gens du voyage n’ont eu qu’un effet (peu mesuré initialement par les autorités): une vague d’antipathie contre l’expulseur de l’Elysée.

Alors que l’objectif était de caresser le bien pensant dans le sens du poil tout en lui chantant l’air apaisant de la sécurité revenue, la brutalité des moyens a mobilisé le clergé même le Pape pour calmer les esprits. Mauvaise pioche…

Du coup, l’image de Hyper en a pris un coup. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le Leader Minimo s’est retrouvé face à une France demandant à corps et a cri le départ, non des Roms, mais de la grande Réforme des retraites.

ANCRE A MATIGNON

Un pataquès infernal a bloqué le pays au long d’interminables cortèges affichant leur hostilité non seulement vis-à-vis de la dite Réforme mais de la politique générale menée par le gouvernement.

Hop! Une partie des ministres font leur valise et d’autres arrivent. Un grand remaniement nous fait une belle diversion. Et comme les promesses, cela n’a engagé que ceux qui y ont cru… Mais Fillon, qu’on croyait sur le départ s’est, au contraire, ancré à Matignon. Surprise, surprise.

Mais les faits sont têtus et cette ambiance de régime jockey a fait florès. On économise où on disparaît. La Grèce, l’Irlande (au dernier comptage…) se sont retrouvées à faire un petit voyage vers Bruxelles pour refaire le plein pour éviter l’exclusion, la mise au ban européenne.

Et puis, à l’orée de l’hiver, le grand jeu de  « j’y suis j’y reste » s’est déplacé en Afrique. Dans une comédie à la limite du surréalisme, la Coté d’Ivoire est à l’affiche d’un grand numéro de duettistes. Un fauteuil pour deux.

Deux présidents sinon rien. Gbagbo contre Ouattara. Pour faire partir le premier, a priori rejeté par les urnes, la communauté internationale lui confisque son jet privé. Il va devoir partir du pays à dos d’âne pour un exil au régime sec.

Et puis, il y en a deux qui aimeraient bien se dégourdir les jambes après un an d’inactivité forcée. Nos confrères de France 2, retenus en Afghanistan vont-ils participer enfin à ce « cours après mois que je t’attrape » en vogue en 2010 et s’extraire aux griffes de leurs geôliers d’ici la Saint Sylvestre. On croise les doigts.


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