Les relations entre Fillon et sa majorité marchent aux radars

Ils avaient sauvé sa tête au « grand » remaniement. Il est donc logique que les députés UMP demandent aujourd’hui à François Fillon de leur renvoyer l’ascenseur à un an de législatives périlleuses face à un électorat ulcéré de ne pouvoir être totalement maître de son compteur.

L’affaire des radars et de la fronde des élus de la majorité met, en effet, en lumière les relations de « je vous aime, nous non plus » existant entre le chef du gouvernement et le groupe parlementaire UMP, les seconds ayant placé beaucoup d’espoirs dans la mémoire du Premier.

Ce sont eux qui, devant la rupture Sarko-Fillon et le sort funeste réservé en novembre dernier au « collaborateur » du locataire de l’Elysée, avaient pesé de tout leur poids pour garder le Ténébreux de la Sarthe à Matignon. Au détriment de Jean-Louis Borloo.

Il est vrai que les élus UMP voyaient depuis le début du mandat Sarkozy d’un très mauvais œil l’hyper présidentialisation des affaires de la République et la présence d‘une visible potiche à la tête des ministres.

Résultat : des relations généralement très émotionnelles entre Matignon et le groupe UMP. Ces dernières sont caractérisées par des négociations, pour ne pas dire des pressions fermes, menées par des députés d’autant plus lorsqu’ils sont remontés par le proche renouvellement de leur mandat.

Une stratégie de flou artistique avait déjà été utilisée il y a quelques semaines lors de l’annulation annoncée par Fillon soi-même des autorisations d’exploration concernant les gaz de schiste.

LANDERNEAU EN EMOI

Une fois « assurée » devant l’Assemblée nationale, le gouvernement s’était lancé dans un furieux rétropédalage au point qu’il est très difficile de savoir où en est le dossier.

Mais la palme du maitre couac revient sans conteste aux radars routiers, dont la suppression des panneaux de signalisation a mis le Landerneau en émoi.

Le maintien de cette signalisation a été demandée à corps et à cris par les élus agissant pour le compte de leurs mandants. Pour éviter de faire de vagues devant cette bronca, le ministre de l’Intérieur, assuré d’un soutien (toujours dangereux) de l’Elysée a avancé une solution des plus « claires ».

Pendant quelques heures, Guéant a donc assuré que la signalisation actuelle serait remplacée par des radars « pédagogiques ». Dans une parfaite coordination, Fillon a déclaré dans le même temps devant des députés curieux qu’il n’est, au contraire; aucunement question de revenir sur la mesure honnie alors que le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qualifiait d’ « absurde » cette supposée reculade.

Deux certitudes. D’abord celle d’un cafouillage indescriptible qui va perdurer d’ici 2012. Il est rare qu’une charrette tirée de tous côtés avance droit et sans à coups.

Ensuite, le fait que François Fillon, après avoir joué les utilités auprès de Sarko a désormais complètement endossé le rôle de soutier du pouvoir que lui a réservé la constitution.

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