La prison chinoise force inhumainement ses pensionnaires à l’évasion virtuelle sur WOW

La barbare ingéniosité humaine n’a plus aucune limite.

On avait déjà souri jaune en apprenant que d’industrieux hommes d’affaires ont mis au point un chouette moyen de faire leur beurre en revendant des points acquis par des enchaînés à l’ordinateur devant des jeux plus débiles les uns que les autres, on hallucine à présent de savoir que ces malheureux peuvent être des prisonniers chinois.

L’information est délivrée par le très sérieux quotidien britannique The Guardian. Sans quoi on croirait à la mauvaise blague.

Selon le journal, qui a pu interviewer un ancien prisonnier de l’Empire du Milieu, les faits se déroulent dans le centre pénitentiaire de Jixi, dans la province du Heilongjiang. Les pensionnaires sont obligés très fortement de jouer à WOW (World of Warcraft) afin de remplir l’escarcelle des dirigeants du centre qui revendent les gains de leurs administrés.

Dans un confort que l’on imagine sans peine, tant la qualité des prisons d’un pays réputé pour son respect des droits de l’homme est connue, les prisonniers sont tenus de tapoter sur le clavier jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus voir l’écran.

GOLD FARMING

En cas de faiblesse, c’est-à-dire de non respect des quotas de gains, selon les confidences de Liu Dali au Guardian, les 300 prisonniers en ligne sont battus et forcés de rester debout les mains en l’air. Ce qui suscite indubitablement des vocations…

L’affaire est bien plus lucrative pour les matons que d’empocher le fruit d’un travail manuel effectué dans les prisons chinoises, où l’on pratique, par ailleurs, encore la peine de mort.

Le marché de cette bienveillante activité surnommée le « Gold Farming » est estimé à trois milliards de dollars et occupe 100.000 personnes dont 80% … en Chine.

Quand le Gold Farming n’est pas pratiqué par des taulards en survie, il rapporte moins de trois dollars de l’heure à celui qui se crève les yeux sur l’écran.

Reste qu’à Jixi, l’aliénation est complète. De quoi, peut-être faire réfléchir le consommateur final qui, au chaud dans son appartement de Londres, Paris ou Tokyo se réjouit des cadeaux virtuels qu’il acquiert en contrebande. De quoi…rêver sans doute.

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