Claude Guéant : la Cour des comptes lui règle le sien

Mal organisée et donc coûteuse. Voire menteuse. La police de Guéant est « épinglée » par la Cour des comptes. L’intéressé est furieux alors que les sondages plongent encore et encore.

Le constat des « Sages » est terrible : « L’organisation et la gestion des forces de sécurité publique » s’apparente à une vraie gabegie. Ce qui la fout mal lorsque l’on considère les efforts sécuritaires pour aspirer les sympathies rigoristes.

A lire les 248 pages pondues par la Cour des comptes on pourrait craindre que les fonds publics ne soient pas employés au mieux au sein des tuniques bleues.

Serait-il possible qu’il soit plus facile d’évacuer des camps de Roms que de garantir une sereine paix républicaine ?

Toujours est-il qu’on frémit à la lecture du constat des conseillers référendaires. Les statistiques communiquées par la place Beauvau ne seraient pas blanc bleu.

Notamment, de nombreuses plaintes passeraient à la trappe pour présenter le plus rassurant des tableaux possibles. Les « atteintes à l’intégrité physiques des personnes », en hausse de 20% entre 2002 et 2009, ne sont en fait pas enregistrées sous cette mention mais sous une bonne quinzaine d’index différents, pour en diluer l’effet.

INDELICATESSES

En revanche, les « atteintes aux biens » sont en constant reflux. Les Sages notent que dès l’arrivée de Sarko au ministère de l’Intérieur (2002) la politique a été de parvenir coûte que coûte à des objectifs chiffrés par une « culture de résultat ».

Du coup, des comptabilisations de délits se vaporisent purement et simplement pour tirer les chiffres dans le vert. Une directive des parquets recommandait, par exemple, en 2009 de s’abstenir d’enregistrer les plaintes concernant l’utilisation frauduleuse des cartes bancaires.

Les pandores sont, en effet, débordés. D’autant qu’un départ à la retraite n’est pas remplacé selon la désormais célèbre loi sarkozyenne…

Mais l’Etat major des forces de l’ordre (DCSP, Direction centrale de la sécurité publique) est fustigé pour ne pas savoir « piloter » cette politique de réduction d’effectifs. Pas assez formé, peut-être ?

Ces indélicatesses ont fait sortir l’actuel premier flic de France et bras droit présidentiel, Claude Guéant, de ses gonds. Il crie au règlement de comptes politiques à la Cour des…comptes.

Le président de vénérable institution n’est autre que le socialiste Didier Migaud, ex rapporteur de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

Des députés UMP et Nouveau centre ont épaulé Guéant dans sa démarche.

Au point que, fait rarissime, les Sages se sont fendus d’un communiqué dans lequel ils soulignent notamment « la méconnaissance fondamentale, réelle ou feinte, du mode de fonctionnement des juridictions financières » basé sur «l’indépendance, la contradiction et la collégialité ».

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