Le second plan de rigueur avance d’un an la retraite à 62 ans ! En campagne, Courage…Fillon

L’annonce ce matin d’un deuxième plan de rigueur depuis fin août par François Fillon est issue d’un calcul digne de Don Salluste de la « Folie des grandeurs ». Dans le même objectif que celui recherché par le ministre déchu par le Roi d’Espagne : ramener sa fraise.

Bien sûr, le chemin de la rédemption peut apparaître ici un tantinet impénétrable voire inextricable. A force de vouloir imposer une image, celle-ci peut devenir soit aveuglante, soit floue.

Et hop ! on avance d’un an la retraite à 62 ans qui sera effective en 2017. La Secu devra également faire 700 millions d’économies tandis que les prestations sociales ne seront pas réévaluées au dessus de 1%.

La communication gouvernementale entend passer par un audacieux pari. Il faut apparaître courageux, décisionnaire ferme dans la tempête de l’Europe déchirée par la dette.

Les efforts seront « partagés ». Pensez donc, le salaire de Sarko (qui avait grimpé de plus de 170% à son arrivée à l’Elysée en 2007) et ceux des ministres sont gelés. N’allez pas dire que la sueur, le sang et les larmes ne seront versés que par le petit peuple !

Voulant rebondir sur ce qui , coûte que coûte, doit prendre le visage radieux, mais non ostentatoire, de la victoire au G20, du « leadership impressionnant » de la France, il aurait été stupide de ne pas tenter de faire avaler une nouvelle et amère pilule.

Et dans le même temps de reprendre de force un porte voix trop longtemps entre les mains des socialistes.

Gageons que dans l’effervescence des cabinets l’évidence est absolue. Les français vont saluer ces mesures d’austérité à contre pied en période de campagne électorale : ils vont adorer ce parler « vrai », allégorie de la compétence.

Il faut éviter que notre politique nous soit un jour « imposée par d’autres », alerte Fillon.

La fermeté a déjà fait ses preuves lors de la réforme des retraites, après tout. Enfin, si on se contente de 25% d’opinions favorables un an plus tard.

C’est au Premier ministre que revient de porter le poids de la rigueur sur les épaules de son costume discret, pas bling bling pour un rond. Sarko se veut préservé. Voire.

UTOPIQUE

Le budget 2012 sera donc « le plus rigoureux que la France ai connu depuis 1945 ». Et pour cause puisque les perspectives de croissance se réduisent aussi vite que de manière inattendue… Prétendument au moins.

Fillon sermonne : il ne s’agit pas de trouver des boucs émissaires parmi le monde de la finance ou de fantasmer sur d’utopiques trésors cachés propres à renflouer les caisses. Vides.

Les pauvres banquiers, après s’être bien amusés à jouer avec les dettes pays, viennent de s’asseoir sur la moitié de leur créances pas question de les solliciter.

Inutile aussi d’aller rêver à la suppression des niches fiscales qui permettent aux groupes du CAC 40 (qui n’ont jamais été aussi riches) de ne pas verser la moindre contribution au budget rigoureux de l’Etat.

Certes, certaines vont être « rabotées » mais lesquelles ? On sait que les avantages « Sellier » passent à la trappe. Mais cela ne gêne pas vraiment les grandes fortunes…

Les 100 milliards de recettes fiscales évoqués par Pierre Larrouturou comme sacrifiées sur l’autel du libéralisme décomplexé ne sont que des élucubrations puériles. Bien entendu.

Côté TVA un taux de TVA intermédiaire de 7% sera appliquée pour tous les services et, comme attendu pour les récents bénéficiaires de la baisse de 19,6% à 5,5%.

On tape, mais un tout petit peu seulement, sur les restaurateurs qui n’avaient guère baissé le prix des additions, ni embauché à tour de bras. Le parler « vrai » à ses limites, les cabaretiers sont un électorat sûr…

Les artisans, eux, risquent de voir leurs clients s’effrayer et le travail au noir obscurcir les poumons du secteur. Et tarir les rentrées fiscales. Epatant et efficace pour conserver le triple A de la France…

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