Et un ! Et deux ! Et trois… Le gouvernement français est-il en train de devenir champion du monde de la cécité budgétaire ?
La très sérieuse OCDE (Organisation de développement et de coopération économique) vient agiter le chiffon rouge et augure un nouveau trou d’écrou dans le budget. Pire, elle parle de récession en France pour les derniers mois de l’année. On s’en doutait bien un peu mais les mots font mal en haut lieu.
La grande question, à laquelle personne bien sûr n’a de réponse, est : Où et quand les privations vont-elles s’arrêter ?
Un premier plan d’austérité avait bien été annoncé aux français engourdis par les congés estivaux, fin août. Un méli mélo de mesures toutes plus brillantes les unes que les autres pour effondrer ce qui reste d’activité économique dans le pays et essorer jusqu’à l’usure le fond du bas de laine de la population.
La pierre, valeur refuge s’il en est en période de vaches ascétiques, s’est fendue sous le coup de la décision de Fillon de taxer ad libidum les plus values de cession des résidences secondaires.
Bon, les plus conservateurs – et les plus riches – d’entre nous (qui ne lisent pas detoxinfo…) se sont dit avec une amertume contenue qu’il allait falloir aux pauvres se serrer la ceinture pour empêcher les finances françaises de sombrer comme le pavillon grec.
Et surtout, Ô malheur, de perdre notre triple AAA et de nous retrouver comme les andouilles du même sigle, à poursuivre notre endettement au prix fort.
Quelle n’a pas été la surprise de découvrir moins de trois mois plus tard qu’un deuxième « effort » allait être exigé aux forces vives. Cette fois, dans le lot, fût placée adroitement une TVA intermédiaire qui remonte invariablement le coût des travaux du bâtiment, secteur qui tenait jusque là la tête hors de l’eau et bon nombre de ses salariés avec.
Le secteur devrait voir son activité baisser de 2% en 2012 et disparaître 35.000 emplois…
Plusieurs hypothèses pour expliquer cet état de fait :
- soit le Quartier Général des Finances hexagonales est frappé du sceau de l’incompétence puisque son chef, l’ineffable crooner François Baroin, est proprement infoutu de ficeler du premier coup un plan de sauvetage des finances publiques ;
- soit le tsunami budgétaire de la zone euro est aussi puissant qu’imprévisible et on navigue à vue (ce qui en dit long sur les visions à long terme de Bruxelles) ;
- soit c’est un mélange de tout cela. On en a froid dans le dos.
PLACE DE GREVE
Le gouvernement table toujours sur une croissance de un pourcent pour 2012. L’OCDE est beaucoup moins optimiste pariant sur une minuscule hausse de 0,3% (contre 2,1% dans sa précédente prévision) .
Pour faire simple, l’organisation estime qu’il faudra encore trouver huit milliards d’économie à faire pour respecter les promesses d’un retour de la dette française à un niveau acceptable.
Nous allons donc manger nos semelles de chaussures qui ne sont plus en cuir depuis des lustres. Mais qu’on se rassure, selon Baroin « nous ne sommes pas dans cette logique » . Chiche, si il se trompe encore c’est lui qu’on bouffera à l’aïoli en place de Grève !
L’OCDE voit également le taux de chômage enfoncer les 10% à 10,4% de la population en 2012. Déjà, en octobre dernier 2.814.900 personnes (+1,2% sur septembre soit 34.400 chômeurs supplémentaires) pointaient à Pôle emploi. Le pire résultat de la Ve République.
« Logique » le ministre du Travail, Xavier Bertrand déclare la bouche en cœur que « tant que la situation économique ne s’améliorera pas (il) ne voit pas comment les chiffres de l’emploi pourront réellement s’améliorer ».
Il est de notoriété publique qu’on ne saurait imputer à quiconque depuis 2007 quelque responsabilité dans les difficultés que traverse le pays.


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[...] restera toujours quelque chose ! 1,7 milliards d’euros grâce à la petite manip’ du deuxième plan de rigueur glissé par [...]