Le peuple d’une France en récession est également « privé » de promesses politiques

« Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ». Ce trait d’esprit Sarkozien n’a même pas de support dans la campagne 2012. Pour la bonne et simple raison que ses acteurs, sans doute pour la première fois depuis l’avènement de la Ve République, ne sont pas en capacité d’émettre le moindre engagement positif.

Les locutions « pouvoir d’achat », « emplois » ou bien encore « retour à la croissance » ont déserté les discours ici et là dans le monde politique en marche vers la prise ou la conservation des rênes du pays. Le rêve s’enfuit des urnes.

En cette fin 2011, la reconnaissance de la solvabilité de la France à travers la perte inéluctable de son Triple A est jetée en pâture afin de nourrir l’anxiété générale.

Pourtant, cette « terrible » éventualité est un non évènement. En effet, depuis plus d’un an les grands gestionnaires de fonds français ont vendu à tour de bras les emprunts français au profit de titres plus porteurs émis par l’Allemagne, par exemple. Le AAA français est devenu de la monnaie de singe.

Après avoir affolé les foules, le gouvernement avance maintenant que la perte du Triple A « n’est pas un cataclysme », selon le mot d’Alain Juppé. On se sent donc un peu perdu…

DECENCE

Mais la vraie information réside dans l’entrée en récession de l’économie hexagonale. Là encore, il s’agit d’une demi surprise car il eût été surprenant que la croissance tienne ne serait ce que la tête hors de l’eau compte tenu non seulement de l’état catastrophique du commerce extérieur mais surtout de la consommation domestique.

En effet, devant les formidables perspectives économiques et sociales, les français terrorisés n’achètent plus mais épargnent à hauteur de 17% de leur revenus et leur bas de laine est gros de … 10.000 milliards d’euros.

Ce qui est le pire scénario car cette incroyable manne évite absolument de s’investir dans la production, donc dans la compétitivité, donc dans l’emploi, donc dans la…. croissance.

Au plan de l’emploi, plus de 60.000 postes devraient être détruits d’ici juin prochain. Résultat : avec un emploi massacré, des rentrées fiscales réduites par le tarissement de la TVA les caisses de l’Etat vont être plus vides que jamais.

La décence rend les promesses difficiles. Néanmoins, François Baroin, ministre des Finances en herbe, l’assure : il n’y aura pas de troisième plan de rigueur….

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