La Banque centrale européenne vient d’apporter de l’eau au moulin de la campagne du candidat socialiste à la présidence française. Après l’appel à une austérité destinée à ramener les comptes publics des Etats membres dans les clous, les financiers européens entendent désormais favoriser une dose de croissance histoire de redonner de l’air.
Pour autant, Mario Draghi, le successeur de Jean-Claude Trichet au poste de grand argentier, parle-t-il de la même chose que François Hollande ?
Probablement pas. Pour lui, la croissance à le parfum de l’ultra libéralisme, de la concurrence à tout va et de la baisse du coût du travail. Moyennant quoi, la BCE est d’accord pour un étalement du calendrier du retour à l’équilibre budgétaire en Europe.
Or, le programme socialiste passe par l’embauche de 60.000 profs ou l’adieu à la défiscalisation des heures sup’ de l’épatant « paquet fiscal » de Sarko qui n’a guère fait ses preuves pour endiguer la crise.
SAIGNER UN MORIBOND
D’ailleurs à l’annonce de la BCE, Sarko analyse : « les autorités européennes souhaitent toujours la règle d’or, le pacte budgétaire, rembourser les dettes ». Imaginer que l’Europe a déjà voté plonge le candidat président dans l’angoisse sans fond de l’isolement.
Mais si la BCE est loin de s’encarter au PS, elle commence quand même à s’apercevoir que l’austérité pure et dure n’est pas la panacée permettant aux Etats de garder la tête hors de l’eau, voir de reprendre pied.
La purge décidée par Mariano Rajoy, le nouveau premier ministre espagnol, très rigoriste en étant pudique, n’a pas évité au royaume les attaques des marchés financiers sur sa dette et l’Espagne se retrouve à emprunter à plus de six pourcent malgré les coupes sombres dans son train de vie.
De là à penser que saigner un moribond est un remède voué à l’échec, il n’y a qu’un pas. Ce frémissement dans la religion économique, amorcé par les autorités supra nationales, ne conduira pas sans doute pas à une révolution rapide.
Mais il intervient au moment où la France s’interroge sur son avenir et où sa santé économique pose question auprès des économistes internationaux. Juste après celle de l’Espagne mais avant, chose incroyable, celle de l’Italie.


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[...] parfois rude, reste toujours courtois… Mais la vérité m’oblige à te le dire, ton traité européen commence à me les briser menu ! Jean-Luc Mélenchon est photographié par Aristaque pour [...]