Dans le gouvernement Ayrault 2, les Verts condamnés à la langue de bio

C‘est ce lundi que le gouvernement socialiste entre sur le ring. Il a commencé par des étirements. Voire le grand écart. Un petit remaniement et les forages pétroliers menacés – le temps d’un souffle – au large de la Guyane repartent comme un seul homme.

Delphine Batho, nouveau ministre de l’Ecologie socialiste regarde ailleurs. Quitter les griffes de Christiane Taubira à la chancellerie vaut bien une cécité temporaire. Ou pas.

Ce premier couac ou premier coup de canif au contrat de mariage qui lie le PS aux Verts est très certainement annonciateur de bien des renoncements auxquels vont devoir se soumettre les alliés du parti majoritaire à l’Assemblée.

Mais pas qu’eux. La diversité de pensée qui existe au sein de la mouvance socialiste risque fort d’être mise à mal. Comme vient de le rappeler, avec l’adresse qui le caractérise, l’ancien ministre de l’intérieur de Lionel Jospin, Daniel Vaillant : « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Nous nous souviendrons que la phrase était de Jean-Pierre Chevènement.

TOURNIS OU NAUSEE

Quelles vont être les marges de manoeuvre des membres de l’équipe Ayrault 2 dans un paysage si rose qu’il en donne un peu le tournis voire la nausée ? Telle est la question qui va tarauder l’électeur de la gauche diversifiée qui a gentiment recomposé l’Hémicycle.

Bien sûr, le Front de Gauche ayant catégoriquement refusé de chausser les godillots de ministres, les Verts et les Radicaux de Gauche (Taubira, Pinel, Escoffier) sont les premiers candidats au « sois là et tais toi ». Cécile Duflot a déjà été sur la sellette avec son soutien au joint et elle s’est rattrapée de justesse aux branches de canabis.

Les choses sérieuses commenceront surement au premier pépin dans une centrale nucléaire. Il y a fort à parier que les questions des journalistes vont fuser autour du ministère de l’égalité des territoires et du logement. Saura-t-elle tourner sa langue de bio sept fois dans sa bouche avant d’y répondre ?

Car Même si l’ex première secrétaire d’Europe Ecologie les Verts vient de passer le flambeau à Pascal Durand, sa parole engagera le parti. Il faut considérer que l’électeur Vert vote pour une idée, non pour des hommes. Tout faux pas verbal des leaders de ce parti déjà en mal d’homogénéité aura pour effet de lui retirer les voix qui lui restent après le fiasco d’Eva Joly.


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