Hollande et Ayrault : Tenue (verbale) correcte de… Rigueur

Le gouvernement a drôlement potassé ses « éléments de langage ». Les experts en Com’ ne connaissent pas le chômage. A l’instar des Muscadins du Directoire, ces derniers  font une chasse impitoyable à certaines pages du dictionnaire à R comme Rigueur ou à A comme Austérité.

Les « Incroyables » et les « Merveilleuses », le lendemain de la mort de Robespierre affectaient de ne plus prononcer  les « r » qui rappelaient la Révolution et rossaient les Jacobins. Un traitement similaire attend aujourd’hui qui se laisse aller à employer le vocabulaire proscrit.

Comme cette pauvre Marylise Lebranchu, ministre de la fonction publique, qui prédit  un « grand moment de rigueur » aux agents sous sa tutelle. Ma pa’ole d’honneu’, elle a connu un grand moment de solitude…

Elle brisait inopinément les « efforts » de son patron qui, devant les députés, avait réussi l’exploit en une heure quarante d’un discours de politique générale qui ne restera sans doute pas dans la mémoire vénérable du Palais Bourbon, à éviter le scélérat vocable.

IMPRIMERIE NATIONALE

En revanche, il est plus que de bon ton de servir à tout va du « Redressement » qu’il soit « productif » ou dans la « Justice » .  Ce Redressement relève la tête parmi les autres appellations croquignolettes de l’équipe Ayrault (Education populaire, Egalité des territoires, Réforme de l’Etat – ce dernier étant justement le pré carré de Lebranchu..).

Detoxinfo, dont un ancêtre parlait un argot hilarant et fleuri, éclaire ici la lanterne des communicants de l’Elysée-Matignon sur la signification du  «Redressement » en langue verte.

Un « mec à la redresse »  * est un petit gars plein d’allant, de courage et d’audace. Il peut avoir passé des moments difficiles mais tout cela est derrière lui : il repart un bon pied voire au pas de course ou de charge. Parfait messieurs, vous y êtes !

Mais le terme va plus loin, vous vous en doutez. Il s’agit également d’un gaillard en.. érection. D’où tout le sel de l’erreur de l’imprimerie nationale qui avait qualifié le maroquin de Montebourg de « Redressement progressif ». Les typos ont connu, eux aussi, un grand moment de solitude.  Inc’oyable ! Non ?

* A retrouver dans une version argotique du « laboureur et ses enfants » : « y z’en filent un coup comme des mecs à la r’dresse mais nib de pèze, nib d’affure » . Et oui les caisses sont vides …


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