Jean-Marie Le Pen refait parler de lui. Il aime cela. Le vieux chef frontiste rappelle à chacun que Son Parti demeure, dans ses coutumes au moins, en marge. En adressant à sa fille la pire des insultes du catalogue nationaliste, à savoir « petite bourgeoise », via un journal anglais, il replonge l’image de la mouvance dans son traditionnel marigot.
Pourtant, le Front national a fait tout ce qu’il a pu pour acquérir une forme, de plus en plus précise, de respectabilité au point que le parti extrémiste peut apparaître désormais comme le nouveau visage de la droite française dans un pays en proie aux doutes issus de la crise et dont la gauche détient tous les pouvoirs.
Certes, la présidentielle – dernière consultation significative en terme de participation – a fait ressortir la popularité de Marine. Mais le poids du Front est globalement resté inchangé. Ce qui a changé, en revanche, est le phénomène d’aspiration des voix qui, contrairement à 2007, s’est constaté en faveur du FN au détriment de l’UMP.
GRAND TRIBORD
Bien que de nombreux cadres de la droite traditionnelle aient fustigé la stratégie sarkozyste inspirée par Patrick Buisson comme (l’une des) causes de leur défaite, mais il n’en demeure pas moins que bloquer la barre au grand tribord est diablement dans l’air du temps.
Beaucoup plus que d’essayer de naviguer au centre, au milieu d’un terrain mouvant qui engloutit les personnalités trop insaisissables comme Bayrou ou Borloo…
On comprend donc que, porté par son égérie éponyme, le « Rassemblement Bleu Marine », de nouveau présent à l’Assemblée dans une grande histoire familiale, va lancer une campagne de recrutement vers l’UMP et tenter de tout infiltrer peu à peu grâce à une image assagie destinée à recouvrir une grande partie de la droite.
Ce n’est plus l’UMP qui détourne voix et élus c’est le contraire. Autres temps, autres moeurs…
Jean-Marie le sent bien, tout autant qu’il sent son jouet lui échapper au profit de jeunes têtes blondes qu’il a néanmoins grandement contribué à lancer. Marion Le Pen Maréchale, nous voilà !

