Eric Woerth à un jet de pierre de l’indécence et du … pôle emploi

S’il y a des mots qui fâchent, il y en a d’autres qui stupéfient. Les a-t-on même vraiment entendus ? Sont-ce des voix qui, d’Ulysse à Jeanne d’Arc, envoient souvent les héros dans des complications insondables ? Eric Woerth, toujours et encore Ministre du Travail en attente de rupture de CDD, s’estime être l’objet d’une « lapidation », certes médiatique, mais faite … « pour tuer ».

Bon sang ! Eric, si tu as fais HEC, tu sors également de Sciences Po, non? Tu devrais savoir que la lapidation n’a rien à voir, mais alors rien du tout, avec les petits tracas qui sont les tiens. Et que les journalistes « trosko-fascites » nostalgiques « des années trente » que nous sommes n’ont rien à voir avec les vrais professionnels de la lapidation …

Un conseil, mon Ricou, va voir une vidéo sur une vraie lapidation qui court sur internet. Ca va t’occuper et te remettre les idées en place.

Parce que, là, ça ne plaisante pas. Ca se passe en Iran, tu vois où c’est ? Une foule masculine, dans sa très grande majorité, massacre une jeune femme, vulnérable, toute petite, sanglante. Elle tente vainement de se protéger avec ses pauvres bras des jets assassins de cette masse imbécile.

Oh, je te rassure, si c’est insoutenable, c’est très court. En moins d’une minute, l’affaire est entendue : un timbré écrase la tête de l’effroyable criminelle, dont on suppose qu’elle a commis un adultère (mais peut-être pas du tout …), avec un énorme parpaing. Très vite, se forme une très significative mare de sang. Sans ambiguïté, ni procureur ni juge d’instruction, pas plus que de Cour de la République …

Tu dois être très confus, Ministre intègre, si tu compares ta pitoyable situation à celle de cette suppliciée (regarde dans le dictionnaire ce que cela veut dire, tant que tu y es). D’autant que, tu le sais sûrement, en Iran, sont cherchés à nouveau force projectiles pour une nouvelle indécente, Sakineh Mohamadi-Ashtiani, adultère et complice de meurtre avec des preuves d’opérette.

Alors, Eric, un peu de décence. Et de Solidarité. Car, en plus d’être Ministre du Travail, tu es (encore) Ministre de la Solidarité …

FEU AUX FESSES

D’accord, Sarko est en train de te lâcher. Il ne veut plus être photographié avec toi. Mais il y a tant de gens qui ne veulent plus être immortalisés en sa compagnie. Pourtant, début juillet, l’Hyper saluait encore ton honnêteté de « juppéiste ». Pour l’intéressé, première victime politique de la Sarkozye, grande avait été la surprise (ou l’incrédulité) d’entendre son nom transformé en un critère de qualité, une sorte de label en quelque sorte.

Et puis tu as du lâcher, à ton tour, ton poste de trésorier de l’UMP. Pas de regrets, tu vois où il t’a mené … Et puis, ton successeur est au parfum. Dominique Dord est un ancien de l’Oréal et un voisin de Patrice de Maistre (NDLR : le gérant de la fortune de Liliane Bettencourt). Il a préféré le dire tout seul aux hordes de journalistes, couteau entre les dents et pierres en poche. Pas fou ! une lapidation, ca va, deux, bonjour les dégâts !

Regarde Carla, elle a déjà le feu aux fesses. Le journal iranien Kayhan – qui envoie sous pli discret un ouvrage qui fait un tabac : « la lapidation pour les nuls » – qualifie notre première dame d’ « actrice et chanteuse dépravée ». Si elle se rend sur place, on lui conseille de mettre un casque lourd à la place du joli bibi qu’elle portait sagement pour aller saluer la Reine d’Angleterre.

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Chemin de croix aux chemins de fer (français)

Profession : reporter. Super fantasmatique, un job où tout un chacun voit un baroudeur bardé d’appareils photos courir, la tête baissée, vers un hélico ou un DC8 africain pour aller couvrir un coup d’Etat en Papouasie transmélanésienne.
Je suis même grand reporter (enfin, c’est la qualification inscrite sur ma fiche de paie …) mais, j’aime bien le train. Oh, pas que le Transibérien, non. J’aime le train français. Cette magnifique machine et ce réseau que le monde entier nous envie.
Il faut dire qu’il a été payé par toute notre famille, impôts et emprunts d‘Etat. De nous jusqu’à nos arrière-grands-parents. Ca coûte très cher, un joujou pareil, avec ses gares et ses chefs, ses panneaux qui clignotent. Tout le toutim et pas dans un paquet de Noël avec un circuit qui tourne en rond. Des milliards.
Donc, j’adore les chemins de fers français. Profondément. Ainsi que les hommes qui le font tourner pour que je puisse voir les vaches (ou l’inverse) machouiller paisiblement.
Le hic, c’est que la Société Nationale (pour combien de temps ?) des Chemins de Fers Français ne tourne plus rond.
Ses pannes à répétition tournent au gag. Surtout, si vous aimez l’Angleterre … Les caténaires se plaisent à disjoncter à qui mieux mieux et puis, il y a les pannes informatiques. Un personnel fautif ? Que nenni.
Plutôt une direction visionnaire, un peu trop sans doute, et dont les yeux sont braqués vers une petite remise entre les mains du privé à terme. Une privatisation rampante des lampistes en quelque sorte. Alors, on fait des économies. Sur tout et surtout sur le personnel …
Les pannes informatiques, sont-elles la rançon d’une modernisation, somme toute récente, afin de satisfaire au remodelage du réseau en croix TGV Lille-Marseille et Nantes-Strasbourg ? Lignes en dehors desquelles papys et mamies ont intérêt à s’entrainer à la course à pied pour aller voir leurs rejetons, car le reste de la France est devenu un semi-réseau (en étant très très gentil) ?
Non pas, souvenons-nous du système Socrate, de vente et de réservation de billets, présenté en 1993 par le Président Fournier comme une révolution technologique.
Acheté à prix d’or à une compagnie aérienne américaine (Fournier voulait à tout prix faire voler ses trains), ce fut une pétaudière infernale. Pas de formation, les pauvres guichetiers mettaient un bon quart d’heure en moyenne à émettre un ticket Paris-Mantes-la-Jolie. Si vous étiez quatrième dans la file d’attente avec un train partant dix minutes plus tard … Restait qu’on pouvait prendre son billet dans le train auprès d’un gentil contrôleur … Et bien non, la direction décidait, dans le même temps, des « contrôles sur quai », musclés. Tant qu’à faire …
J’ai assisté à une bataille rangée mémorable entre les nervis SNCF et des pious pious en perm’ qui voulaient rentrer au plus vite voir leurs chéries à Cherbourg.

DEUX QUEUES, SINON RIEN

Un aigle, le Fournier – pour calmer le jeu, il avait cru bon instaurer un deuxième guichet dit de « bonne foi » : deux queues, sinon rien !
Mais Socrate, c’est du passé et le fauteuil de Fournier est désormais occupé par Pepy, formé par Martine Aubry et Michel Charasse, entre autres. Donc, un homme de terrain à première vue …
Depuis 2003, nous avons le système Mozaïque et … des pannes, des pannes et des retards, des retards … Regardant les tableaux d’exactitude affichés par la Senecefe dans les gares, l’habitué que je suis (c’est pas moi qui le dis, mon statut marketing est « Très grand voyageur »), est en proie à un doute tenace.
Mais ce n’est pas grave, puisque la SNCF rembourse. Enfin, elle vous donne des formulaires avec des tarifs de remboursements progressifs, en fonction de l’importance des incidents. Elle vous demande de les envoyer à un charmant, mais totalement inaccessible autrement que par courrier, service à Arras. Ce dernier est, assez bizarrement, intitulé « relations clients ». Pour qu’il y ait relations, il faut qu’il y ait contact …
Bref, ces formulaires stipulent que, pour espérer un quelconque remboursement, il faut fournir, c’est normal, le billet qui fait preuve. L’ennui, c’est que, plusieurs mois après votre envoi, on vous annonce régulièrement que le billet, que vous aviez pourtant soigneusement agrafé, est manquant et que l’examen de votre demande est … interrompu. Moi-même et plusieurs de mes proches se sont fait avoir. D’autant que les photocopies ne sont pas recevables pour la SNCF. Disent les « Relations Clients ».
Il n’y a pas qu’à Gaz de France (déjà privatisée, désormais soudée à Suez) qu’on sait se faire de la trésorerie.

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Sarko fait volte, face … aux étudiants : Après le Pape, la soupape !

La température politique des jeunes est surveillée comme le lait sur le feu. Prions pour qu’ils ne se sauvent pas en pleine rue, banderoles en mains … Parce qu’on serait vite débordé en hauts lieux. Et en ce moment, alors que tous abandonnent l’Elysée (même le Pape…), son locataire n’a guère envie de voir les djeuns dans la rue.

De quoi faire rêver, ou baver de jalousie, un syndicaliste « négociateur » de la réforme des retraites. Au vu et au su des français ébahis, le gouvernement a donc reculé.

La mesure d’économie budgétaire (400 plaques à la louche), annoncée pourtant à grand bruit avec un brin de précipitation et un manque de réflexion, visant à interdire le cumul des aides personnalisées au logement (APL) destinées aux étudiants et la demi-part fiscale pour enfants à charge dont bénéficient leurs parents, est passée à la trappe.

Histoire pour l’hyper exécutif de sortir la tête du tonneau de Roms dans lequel il a attrapé une solide gueule de bois (comme la langue du même nom).

C’est vrai que reculer là-dessus – on se demande même comment on avait bien pu y songer, tant les difficultés des potaches sont grandes – ça redore un poil le blason élyséen … Et puis, de l’autre main, ce n’est pas vraiment politiquement gênant puisque, dans le lot, les familles les plus fortunées ne s’en sortent pas si mal. Il n’y a que les imbéciles que ne changent pas d’idée. Ou gardent le cap – on le sait inamovible – des réformes.

Plus, les étudiants boursiers, présents dans les facs et écoles neuf mois sur douze, auront accès progressivement à un dixième mois d’aide. Et distillant avec soin les bonnes nouvelles de rentrée, la mini stress de l’Enseignement supérieur annonce une petite augmentation du budget logement étudiant (porté à 110 millions cette année comme 90 l’an passé). Et c’est même avec gourmandise qu’elle précise que les objectifs (NDLR : rapport Anciaux) en matière de construction pour les étudiants seront dans les clous cette année. Oubliant qu’ils sont dans une panade pas possible depuis cinq ans.

ALZHEIMER

Officiellement, c’est le bonheur. Detoxinfo.fr vous conseille quand même d’aller faire un tour dans les campus et vous verrez que ce n’est pas si facile que cela, et de très loin, à nos grands bambins de trouver un nid pour abriter leurs chères études … Le puissant syndicat Unef s’alarme d’une hausse de 3 % du coût de la rentrée 2010.

Mais bon, il s’agit quand même d’une bien jolie volte-face gouvernementale. Les politiques n’ont pas de mémoire, c’est bien connu, mais leur Alzheimer ne va pas jusqu’à effacer les déconfitures Balladuriennes avec le CIP (Contrat d’insertion professionnelle). Tellement bien accueilli dans la rue par les jeunots que le Premier Ministre – grand favori avant, se voyait à l’Elysée – n’a pas passé le premier tour des présidentielles de 1995, après.

On ne parle pas de la Bérézina Villepinesque (10 ans plus tard), dont les cent jours furent flamboyants, avant le CPE (Contrat Première Embauche). Brillant gadget dont l’admirateur napoléonien a tout le temps de comprendre l’épatant mécanisme. Galouzeau est désormais en pleine retraite.

En 1997, la gauche avait, elle, porté sur les fonds baptismaux les « emplois-jeunes ». Cette mesure d’aide, prompte à ramener la paix romaine dans les banlieues, avait malgré tout causé bien du tracas à Lionel Jospin qui ne savait plus, au bout du compte, trop comment se dépêtrer d’une dépense de plus de 35 milliards d’euros sachant que l’Etat en supportait 80 % …

Fort de ces édifiantes expériences, si le candidat Sarkozy aboyait en tribune vouloir « liquider » les évènements de mai 68, le Président Sarko n’est quand même pas trop pressé de se mettre les djeuns à dos.

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