Au moment où l’écrivain Daniel Picouly publie « Nos histoires de France », l’apprentissage de l’Histoire à l’école, parée de toutes sortes de supports plus modernes les uns que les autres, semble avoir perdu ses repères et laisse l’élève du primaire au secondaire éloigné du savoir le plus élémentaire. Mais les yeux fixés sur la ligne bleue, non des Vosges, mais de l’Europe…
Juste pour frémir, tentez l’expérience d’interroger un ado sur le déroulement de la vie politique économique et sociale française et sur l’identité de ses acteurs, disons de la Révolution à la libération du territoire de l’occupation allemande.
Dans 95% des cas, Charles de Gaulle prendra l’apparence d’un aviateur qui a traversé la manche, Napoléon III, pourra être un Napoléon 1er vieillissant a qui on aura coupé la tête ou ce sera Louis XIV qui aura posé la première pierre de Notre Dame de Paris…
Comment en est-on arrivé là ? Principalement parce que la place prépondérante des matières scientifiques, maths, physiques-chimie a conduit les gouvernements successifs à rogner l’enseignement de l’Histoire, à l’amalgamer avec la géographie voire le supprimer en terminale…
Donc, les têtes « pensantes » du ministère de l’Education nationale, pressées par le politique, ont réformé cette matière qui ne « sert à rien » dans un cursus selon la recette désormais usée jusqu’à la corde qui laisse croire à une épatante valorisation.
En jetant un œil sur les « manuels » d’histoire aujourd’hui en vigueur, nous entrons donc dans le monde merveilleux de la « thématique ». Ainsi, dans un ouvrage destiné aux classes de cinquième, il est proposé de tout savoir (ou presque ) sur « La place de l’église dans l’occident médiéval ». Alors que pour faire aimer l’Histoire, il suffit juste de la raconter…
SAGA
Sauf que pour illustrer les « thèmes« , priorité est donnée à un exemple sous forme de fiche, du style : « Sénanque : une abbaye cistercienne ». Rien que l’énoncé plonge l’enfant dans un abyme de perplexité.
Le collégien se retrouve à considérer les arcanes de « la moisson » par les moines et plongé dans « la journée » des saints hommes. Néanmoins, il ne saura rien de la vie politique française au même moment et du monarque qui l’impulse.
L’Europe est invariablement au cœur des débats. Dans le programme de seconde, par exemple, à travers lequel on pénètre dans la saga des « Européens dans l’histoire du monde ». Et ça ratisse large : il y est dévoilé « la place de la population de l’Europe dans le peuplement de la terre ».
Pour entrevoir la vie en France, on survole ! « Une ville capitale : Paris au VIIIe siècle ». Comment ? Par une illustration du Palais Royal. Qui, pourquoi, quand : mystère !
Avec un peu de chance, dans quelques décennies, quand les « historiens » officiels évoqueront la « Sarkozye européenne », ils proposeront une « vue de la villa du cap Nègre », la collection de Ray Ban de Nicolas et/ou son dernier vélo de course. Voire l’oreillette qui permettait au Leader Minimo d’entendre la traduction en français des propos « européens » de la chancelière allemande.
De quoi analyser et comprendre sans coup férir la crise de la dette qui aura secoué le début du 21e siècle….



DSK: Ça balance pas mal à Paris !