Hollande désigné, l’UMP va pouvoir mettre en avant le …bilan de son « propre » champion

A l’UMP on prend une grande respiration afin de rentrer franchement dans le combat des présidentielles. Le Parti au pouvoir ne manque, en effet, pas d’air.

Alors que l’ennemi a pris désormais la forme de François Hollande qui l’emporte de largement (près de 57% des votes au second tour des primaires contre un peu plus de 43% à Martine Aubry), l’UMP compte rattraper son retard médiatique (et dans les sondages…) en mettant en avant son bilan que ses dirigeants qualifient, sans rire, de …« bon ».

Le défi à relever est à la hauteur de la tragique situation. Avec un taux de chômage qui atteint des sommets inégalés, une croissance et un pouvoir d’achat en catatonie avancée, un déficit budgétaire dont le comblement ne peut être que fixé aux calendes…grecques il y a, certes, de quoi pavoiser et argumenter.

Donc, promis juré, mardi soir et à l’antenne d’une chaîne de second plan l’UMP, lors d’une convention crânement baptisée « Le projet socialiste à la loupe : le grand malentendu ! » va avancer ses propres chiffres et démontrer doctement que l’alternance rose n’est qu’une vaste entourloupe.

Mais, a contrario, que le « travailler plus pour gagner plus » a remporté incontestablement la victoire de la croissance domestique (il y a belle lurette qu’on ne cherche plus à aller chercher des points « avec les dents » hors des frontières…).

L’UMP entend également ferrailler contre « la hausse des impôts », inéluctable , selon elle, avec les socialistes. Il va donc lui falloir expliquer sans détours pourquoi  Sarko en a créé un supplémentaire par mois en moyenne depuis son arrivée à l’Elysée.

TAPIS

Si le gratin de la majorité ne devrait pas trop la ramener avec les 35H00, du fait de la défaite d’Aubry dimanche soir, elle va se vouloir percutante en agitant le chiffon rouge sur le projet de Baylet (0,7% des suffrages au premier tour de l’investiture et rallié à Hollande) de dépénalisation du cannabis. Histoire d’affoler les seniors, généralement acquis (jusqu’ici) à la cause de la droite.

Si elle arrive à faire passer « Flanby », selon le surnom donné à l’ex compagnon de Ségolène par Montebourg (qui l‘a quand même rallié à titre «personnel », favorisant ainsi furieusement sa victoire) , pour un dangereux gauchiste le couteau entre les dents, elle aura attrapé la queue du Mickey…

Sans doute, aura-t-elle plus beau jeu à décrédibiliser la position socialiste sur l’âge de départ à la retraite. Alors que personne, rue de Solférino, ne croit plus à un rétro pédalage pour revenir aux 60 ans, le plan de communication sur ce sujet se prend un peu les pieds dans le tapis.

Pascal Terrasse, le conseiller Hollandiste sur les retraites, a expliqué lors d’un colloque ardéchois organisé maladroitement le jour de l’ultime débat entre les finalistes, qu’il ne pensait pas revenir sur l’âge désormais légal de 62 ans.

Ce que Martine Aubry a vivement relevé le soir même à l’antenne, mettant son rival dans un certain embarras.

A l’issue des primaires, on peut reconnaître au moins à Nicolas Sarkozy d’avoir été visionnaire sur un point : dès le début de son mandat, en 2007, il désignait en Hollande comme son principal sujet d’inquiétude.

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Montebourg, prince de l’égo, rallie Hollande à titre perso…

Et rallie Aubry à titre gracieux.

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Gauche « molle » ou gauche « dure » mais gauche « regardée ». La droite est raide de jalousie !

Près de six millions de français ont scruté les arguments des finalistes de la primaire socialiste à la télé. Qui aurait pu prédire un tel succès cathodique aux débats de l’opposition qui avaient déjà réuni cinq millions de téléspectateurs avant le premier tour ?

L’UMP est verte de jalousie, d’autant plus qu’elle est la première surprise de l’incontestable succès de la consultation socialiste qui a amené quand même plus de deux millions de français dans un bureau de vote par un beau dimanche d’automne pour désigner le candidat destiné à donner des mots d’estomac au Leader Minimo.

Première bonne nouvelle : contrairement à l’idée reçue les français s’intéressent à la politique. Le « tous pourris » ou « bonnets blancs et blancs bonnets » a pris du plomb dans l’aile.

Deuxième bonne nouvelle : cela ne joue pas exactement en faveur du gouvernement Sarkozy. Ce qui n’est, il est vrai, pas totalement surprenant…

Reste qu’à droite de l’hémicycle ça gigote d’irritation, de dépit ou de nervosité. Si certains députés UMP sont lucides et reconnaissent l’incontestable aspect dérangeant du lustre médiatique de la campagne socialiste, l’état major cherche de tous côtés une parade efficace.

PEUR ET INDIFFERENCE

Assez pathétiquement et sans grande originalité, les conservateurs raillent le peu de différences politique existant entre les deux candidats. Encore heureux puisque ces derniers appartiennent à la même tendance.

Gauche dure ou gauche molle, ironise le parti au pouvoir. Peur ou indifférence. Mais visiblement jusqu’à présent, compte tenu de la participation, les socialistes de 2011 n’ont ni fait peur ni laisser les français indifférents.

Pour conjurer le sort qui s’acharne sur elle, l’UMP organise une convention mardi sur la thème « Le projet socialiste à la loupe : le grand malentendu ! » qui serait retransmise, elle aussi, mais pas sur une chaîne de grande audience.

Comprenne qui veut, à moins que même TF1 n’ai eu l’intention d’aménager sa grille, jugeant le programme peu susceptible d’attirer les foules et donc les annonceurs publicitaires…

Mais le but de l’opération, une bataille de chiffres contrant ceux de l’adversaire, est une méthode bien réchauffée et surtout mal venue devant le triste bilan du quinquennat sarkozyste.

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